Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 18:02

Bord de l'eau, dont l'abondance est la nourriture tous

 

espéré

 

 

 

Terrains riverains dont l'abondance est la nourriture que tous espèrent (Apollinaire)

 

 

Apollinaire, l'amoureux de l'eau comme on le connaît bien (ne l'appelle-t-on pas parfois Guillaume l'Aquatique ?) était-il vraiment si hydrophile ? De récentes études prouvent qu'il aurait eu peur de l'eau pendant de longues années, avant son fameux voyage jusqu'en Corse. Il en sème quelques indices dans ses oeuvres, comme ici dans Alcools (1913) où l'abondance de rives, les fameux "bords de l'eau" enfantins, est présentée comme nutritive, pour l'homme qui va se noyer. Incapable de se limiter à son propre cas, Apollinaire croit que tout le monde partage cette angoisse. Voilà pourquoi il a créé ces fameux rassemblements appelés "par tous" : guérison par tous, dérision par tous. Le thème étant rapidement traité, ils ont bien dû s'occuper autrement, donnant aux partous la postérité qu'on leur connaît.

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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 20:31

Crime, ni le soleil !

 

 

Crime qui n'a pas fait chanceler le soleil ! (Baudelaire)

 

 

Baudelaire ayant assisté à un meurtre alors qu'il revenait d'une absinthe party à Concorde (le premier qui clamse a perdu) se tritura les méninges pour trouver une solution car il prenait souvent parti pour les assassins et les vendeurs de marrons chauds. Ainsi son esprit poétique se mit à s'adresser au meutrier dans une étonnante métonymie qui associait ce dernier à son crime : il lui suggère dans ce vers de faire accroire au juge que c'est à cause de la nuit ("nie le soleil") que son couteau tendu est malencontreusement venu se planter dans la couane de l'inquiété.

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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 23:01

 

Le vrai, l'espoir souvent rafraîchissant.

 

 

Le réel, quelquefois, désaltère l'espérance. (Char)

 

 

Qui ignore encore quel boute-en-train était René Char ? Tout le monde lui disait souvent "arrête ton Char, René" et pourtant, ses maximes et aphorismes bourrés plus souvent de contrepèteries que de philosophie spinoziste n'échappaient pas parfois à un certain bon sens. Ainsi, il fait l'éloge de la vérité dans cet hexamètre (bien scander en levant les épaules et les genoux) en comparant le vrai à un Fanta (connotation évidente de "rafraîchissant", eh oui : n'y a-t-il pas plusieurs a dans les deux mots ? Le Fanta ne rafraîchit--il pas ?) plein d'espérance, notamment celle d'être désaltéré.

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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 19:20

A leurs yeux, l'ouragan ciel pâle ou germe

 

 

Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan (Baudelaire)

 

 

Baudelaire évoque naturellement la patte des peintres de son siècle ; tantôt ils pouvaient représenter leurs ciels avec un blanc nacré, tantôt ils usaient au contraire de couleurs plus chatoyantes, des bleus tirant plus vers le vert, tant et si bien qu'ils ressemblaient parfois à de jeunes pousses végétales. Baudelaire crée une figure de style assez inédite : la transformation d'un nom commun en adjectif ! Ainsi ouragan (nom inventé par la chanteuse Stéphanie de Monaco) est utilisé pour qualifier le ciel. Celui-ci, qu'il soit pâle ou germe, a quelque chose de la tornade divine.

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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 00:01

Je peux servir mon suffisamment d'élan

 

Mais je ne me laisse pas de servir les autres

 

  Je me les sers moi-même avec assez de verve

Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve

(Rostand)

 

Aussi vrai que la fiche Wikipédia d'Edmond Rostand affirme que la première de sa pièce Cyrano de Bergerac en 1897 a rendu le moral à une France traumatisée par la perte de l'Alsace-Lorraine lors de la guerre (événement survenu rappelons-le en 1870), je déclare ce vers inspiré à Rostand par une partie de tennis en compagnie d'Anatole France. Une faute de frappe conservée par son éditeur (laisse au lieu de lasse) ne nuit pas au sens : bon serveur, il lance la balle de loin derrière la ligne pour ensuite courir et la frapper de toute sa force (ce qui ajoute la force cinétique, etc.) ; cependant, il rappelle dans une habile antanaclase (reprise d'un même mot avec un sens différent) que pour autant, ça ne l'empêche pas de donner ses étrennes de Noël aux Restos du Coeur.

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  • : Je passe des vers célèbres à la machine Google traduction. Ils sont traduits en anglais, puis en allemand, puis en espagnol. Enfin, je retraduis en français. C'est une démarche qui est artistique car humoristique : deux domaines aux mêmes vecteurs. Par là, nul besoin de trouver une symbolique artificielle et à laquelle l'auteur lui-même ne croit pas : humanisme, perte de langage, etc. Cependant, rien ne dit qu'ils ne recèlent pas parfois plus de bon sens que les originaux.
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  • : 22/09/2010

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